Formatrice spécialisée

Mon parcours en bref

Depuis toute petite, je veux enseigner. Ma vocation est très vite d’être « maîtresse d’école ».
Après une licence d’espagnol, j’intègre l’IUFM et deviens professeure des écoles.

Très vite aussi, je m’aperçois que je ne suis pas faite pour ce métier.
D’abord, parce que je suis extrêmement timide et que j’ai beaucoup de difficultés à jouer mon rôle devant une classe de 30 élèves.
Ensuite et surtout, parce que je n’arrive pas à accepter le fonctionnement du système scolaire : tout y est fait pour favoriser les élèves qui ont déjà des facilités à suivre les enseignements. Le programme est tellement lourd, les élèves tellement nombreux, que ceux qui auraient besoin d’un accompagnement particulier doivent s’adapter à un système qui n’a pas été pensé ni construit pour eux.

Je fais alors une pause d’une année (qui a finalement duré bien plus) et m’engage en tant que volontaire associative à Saint-Denis (93).
Dans ce cadre, je découvre l’enseignement à des publics spécifiques :
– les enfants du Voyage
– les enfants migrants venant des pays de l’Est
– les adultes non-francophones récemment arrivés en France (profil Français Langue Etrangère et alphabétisation)

Cette année particulière est pour moi une révélation : je veux enseigner auprès d’adultes et plus dans le cadre de l’Education Nationale.

Comme mon projet de reconversion n’est pas encore très défini, je travaille en intérim pendant plusieurs années.
C’est dans ce cadre que je fais LA rencontre qui va tout changer.

Rencontre avec les Sourds


Je rencontre Hua, un collègue sourd chargé de me guider dans ma nouvelle mission.
Je m’aperçois vite que la communication risque d’être compliquée entre nous :
– je ne maîtrise pas la LSF
– il ne maîtrise pas très bien le français écrit

Je me rends compte rapidement aussi que c’est lui qui fait le plus d’efforts pour que l’on se comprenne : il oralise, mime, tente de passer par l’écrit. De mon côté, je suis un peu bloquée dans la communication : je n’ai que le français dans ma boîte à outils linguistique.

En revanche, lorsque je le croise avec ses collègues sourds, il s’exprime avec aisance et n’a aucun souci pour communiquer.

Je comprends tout de suite un point essentiel : entre lui, sourd, et moi, entendante, le handicap est partagé.
Et c’est un handicap de la communication, uniquement.

C’est aussi le moment où l’envie d’apprendre la LSF devient très forte.

Une reconversion professionnelle


Après un court stage d’apprentissage, je décide de me reconvertir dans le domaine. Au départ, pour devenir interprète.

J’enchaîne avec un stage intensif de trois mois à Visuels-LSF Paris pour atteindre un niveau intermédiaire en langue des signes.
La préparation pour le Master d’interprète ayant été annulée, j’intègre pour une année le DUPA-LSF (Diplôme Universitaire de Pratique Approfondie de la LSF) : c’est une année très riche où j’apprends beaucoup sur la culture, l’histoire et les problèmes qui entourent le monde des Sourds.

C’est cette année-là que, grâce à l’intervention passionnante de Marie Périni, entre autres, je comprends que les adultes Sourds sont souvent en difficulté avec le français écrit. Mes deux centres d’intérêt se rejoignent : je deviendrai formatrice en français écrit pour des adultes sourds signeurs.

Je poursuis donc en Master Didactique des langues étrangères, option public sourd à l’Université Paris 8.
En 2017, mon Master en poche, j’intègre dans la foulée l’association ARIS (Association Régionale pour l’Intégration des Sourds) dans laquelle j’exerce ma profession pendant cinq ans. C’est dans cette période que je démissionne de l’Education Nationale après dix ans de disponibilité !

Après la fermeture de l’association en 2022, je décide de continuer en tant qu’indépendante. Je crée mon auto-entreprise en février 2023.


Si vous voulez en savoir plus sur mes formations ou me contacter pour échanger, je serais ravie de vous renseigner !